Comment ça, Big bang?

12/06/2017

L'instant zéro de l'univers a fait long feux

Suite à l'application des lois de la Relativité Générale à la cosmologie, le constat, dans les années 50, s'imposait : si l'univers est en expansion cela signifie qu'il était à l'origine tout petit : petit au point de n'être qu'un point infiniment chaud et dense. En voilà une cosmogonie parfaite pour représenter l'idée même de création divine! Bingo! Jackpot! En voiture Simone, c'est toi qui klaxonne!

Cette théorie, que l'on devrait appeler de l'Atome Primitif d'après son inventeur (l'abbé Lemaître) prend en considération uniquement la force gravitationnelle, négligeant les trois autres forces qui gouvernent l'Univers (deux forces nucléaires et force éléctromagnétique). 

Or, au troisième millénaire, le premier constat s'impose : pour une "taille" d'Univers extrêmement petite les ces trois autres forces ne peuvent pas être négligées : cela équivaudrait à parler de l'atome en ignorant la force de cohésion de son noyau (force nucléaire forte) et la force électromagnétique qui préside à l'organisation des orbitales d'électrons. Ce ne serait donc pas de la physique, mais une... mystique.

Intervient alors le deuxième constat : actuellement la physique ne dispose d'aucune théorie capable de traiter ensemble les quatre forces de l'Univers. Autrement-dit, au-delà d'une certaine petitesse (définie par le Mur de Planck), la science ne peut absolument pas se prononcer sur l'état de la matière!

Et voici alors la version actuelle véritable (et dubitative), de l'histoire de l'Univers ou plutôt le modèle (on peut continuer de l'appeler Big Bang?) qu'autorise la science contemporaine :

On le voit : le Mur de Planck (seuil d'intéraction des quatre forces) est pour nous un horizon. Il nous est impossible de voir au-delà! La conséquence est que nous ne pouvons absolument rien dire de sensé quant à une éventuelle origine de l'Univers et, entre nous soit dit, se référer même à l'idée de Big Bang des années 50, est une abérration intellectuelle pure et simple. 


Abérration tenace, hélas, bien que ces choses soient bien claires depuis des décennies pour les scientifiquest et pour tous ceux qui ont des oreilles pour entendre. Ci-bas une mignonne vidéo (bien vieillotte)  avec l'astrophysicien Jean-Pierre Luminet et le prêtre Pierre Gustave Martelet, qui évoquent brièvement ce sujet. A gober entre deux cacahuètes.

[ps. Galilée n'a jamais dit que dans l'univers "le centre est partout et la circonference nulle-part." Cette idée était plutôt classiquement associée à Dieu lui même, d'ailleurs. Père Martelet pensait peut-être à Giordano Bruno (contemporain de Galilée mais mort précocément pour cause de "Mort thermique" - voir Anti-dictionnaire, version papier), qui croyait à l'infinité des mondes : notion qui avait le chic de hérisser les poils sur la tête de l'autre grand copérnicien de l'époque, Képler. Galilée, quant à lui, n'est jamais allé explicitement jusque là et a plutôt dit que la question "fini ou infini"? était indécidable...]

So what?

Vous allez peut-être dire : "ce n'est pas parce qu'on ne voit pas l'origine, à cause de ce satané Mur de Planck, qu'elle n'est pas bien là! Ca se voit tout de suite que les lignes convergent vers un point de départ!"

Nenni lecteur, un mur c'est un mur et, derrière, va savoir s'il n'y a pas le Minotaure! Aujourd'hui les hypothèses les plus accréditées (par exemples par la théorie des cordes), indiquent la possibilité d'un Univers en contraction-expansion, dont le schéma pourrait ressembler à ceci : 

Euh....et sur la base de quoi donc? D'abord ce modèle adopte l'un des scenari possibles d'évolution de l'univers : le modèle du Big Crunch dit que si la force de gravité gagnera la partie sur l'expansion (dont l'énergie est peu connue), l'univers commencera à se contracter de plus en plus, comme dans une sorte d'explosion filmée à l'envers. Ensuite le modèle d'univers en contraction-expansion se base sur l'idée que la matière et l'énergie, quoi qu'on y fasse, ne peuvent pas se concentrer en un poin infiniment petit, infiniment chaud et infiniment dense. Aussi,  arrivé au degré maximal matériellement possible de contraction, un mouvement inverse (une "explosion" en somme) se produit et fait repartir l'univers pour un tour. Et hop!

Quitte à mélanger de manière inédite les constantes universelles...

Mais je me répète : on est au-delà du Mur de Planck, et on est donc dans le champ de l'exploration hypothètique. Nous sommes bien loin d'avoir le moindre indice qu'il existe la plus lointaine preuve pour asséoir ce modèle! Vu?

Pour en savoir plus sur le Big Bang on peut écouter également Hubert Reeves, toujours si clair et lumineux...