Taille des étoiles

La terre nous paraît vaste. Ca oui, surtout par rapport à mon minuscule deux pièces mono-orienté envahi par les bibelots et les affaires de ma femme. Quand j'imagine seulement une ville, je suis pris de vertige en constatant que je n'en connaitrais jamais qu'une infime partie : suis-je seulement rentré une fois dans toutes les boutiques d'une seule des rues de Paris? Une vie entière dépensée dans le but de parcourir chaque mètre carré de l'île de France ne suffirait pas.

On s'en moque! me direz-vous : ce qui importe c'est l'emplacement de l'hypermarché! Certes, mais cela n'empêche que nous sommes réduits à ne connaitre, de la terre, qu'une partie vraiment infinitésimale. Notre planète bleue a beau avoir un rayon ridicule (12.000 km), la surface de la sphère est d'environ 500 millions de km2.

Notre étoile chérie possède en diamètre 110 fois plus grand, environ 1,4 millions de km, ce qui fait que la surface à arpenter pour l'habitant du Soleil est d'environ 25.000 milliards de km2. Cela signifie que la surface du Soleil est 50.000 fois plus étendue que celle de la Terre...

Ca calme!

Mais il faut savoir que notre merveilleux astre du jour est une bien modeste étoile, que l'on appelle d'ailleurs avec quelque dédain une...naine jaune.

Comme vous le savez cet état de nanitude est transitoire et le soleil se transformera bientôt en géante rouge (mais sans passer par une phase moyenne orange, car les astronomes aiment les extrêmes et ont banni de leur glossaire tout moyen terme). Vous allez dire qu'au pire, dans quelque milliard d'années, notre lampadaire astral enflera prodigieusement et deviendra peut être aussi grand qu'Alpha Tauri, qui a un diamètre 45 plus grand que celui du soleil (45 R⊙), savoir 36 millions de kilomètres (1500 fois le tour de la terre). Mais notre naine jaune, très énervée de voir que ses processus thermonucléaires tournent court, réagirait furibonde à la gravité qui l'écrase en s'agrandissant peut-être jusqu'à cent fois, en gobant Mars, Vénus et la Terre comme des petits bonbons à l'eucalyptus : son diamètre passerait alors de 1,4 à 140 millions de km, ce qui correspond quasiment à une UA.

Ca t'en bouche un coin?

Eh bien, il faut bien se dire que malgré ce bel effort, même exaspérée et gonflée au maximum, notre étoile restera toujours irrémédiablement petite. Que dire en effet de la taille proprement inimaginable d'Antares, dont le rayon est 883 plus grand que celui du Soleil (883 R⊙)? Et bien, on dirait qu'elle est bien plus petite que Betelgeuse, l'une des plus grandes étoiles connues, 1077 fois plus grande que le soleil! Si on mettait cette dernière étoile au centre du système solaire, par exemple, elle engloberait jusqu'à Jupiter.

Nous sommes arrivés bien loin du champ des naines : Antares et Betelgeuse ce sont ce qu'on appelle des supergéantes rouges...

Taille du système solaire

Le temps est venu, ô lecteur, de visualiser ce que nous n'avons pas du tout l'habitude de voir. Je veux parler du système solaire.

Dans la page suivante tu pourras le contempler dans toute son étendue, avec toutes ses planètes, à l'échelle.

Soyons humbles, néanmoins, et imaginons alors que le système solaire, avec son astre du jour au centre, se termine avec la dernière planète officielle, Neptune : la distance de Neptune au soleil est de quelque 30 UA, donc de quatre millards et demi de km. Comme tu le sais cette géante de glace a un diamètre plus que respectable de 48.000 km, quatre fois plus grand que celui de la terre. Le soleil en revanche, qui est l'astre le plus joufflu du système, est large d'un million quatre cent mil kilomètre, soit trente fois plus que Neptune et environ 110 fois la terre. Mais ne parlons pas de ce que cela donne en volume! autrement ça deviendrait vite vertigineux.

En prenant en compte ces tailles respectives, j'ai donc voulu représenter sur la page suivante, l'image, à l'échelle, du système solaire :


Arnaque! Direz-vous! On n'y voit que nenni!

Et vous voilà déjà en train de demander à Belin un remboursement immédiat du livre, malgré le fait que votre superbe anti-dictionnaire est cartonné, riche de plus de 400 entrées, de 360 pages, et avec rien de moins qu'une préface d'Etienne Klein, le tout pour seulement 22 €.

Halte là, lecteur. Je vais t'expliquer!

D'abord cette page apparemment blanche n'est pas le résultat d'un manque de bonne volonté : dans l'image que j'ai voulu faire du système solaire, Neptune est placée tout en haut de la page, au contact du bord, et le soleil tout en bas; je n'ai donc représenté qu'un demi système solaire, pour faciliter sa mise en évidence! Mais considère ceci : cette page fait 22 cm de haut et on veut y représenter 4,5 millards de km. Quelle est alors la taille du soleil, dans cette mise à l'échelle? Et bien, tout fier, tout énorme qu'il nous semble, il ne mesure que sept millièmes de millimètre, autrement-dit sept microns.

Or je te promets et jure que je l'ai vraiment dessiné : mais as-tu déjà essayé de couper un millimètre en dix, puis en cent, puis en mil, jusqu'à atteindre la taille exacte d'un globule rouge? En somme lecteur, pas de remboursement : seulement, si tu veux voir de tes yeux le soleil, il te faudra sortir un bon microscope.

Qu'en est-il du dessin de la terre, qui se situe à 7 millimètres du soleil, c'est à dire du bord tout en bas de la page? Elle est désignée aussi soigneusement que le reste, par un point qui a un diamètre de 6 dix-millièmes de millimètres, la taille en somme d'une grosse nanobacterie : pour voir la terre il te faudra alors acheter un microscope électronique. 

Et ça, ça coûte un bras!

Trou noir

Un trou noir, par définition, cela ne se voit pas. Non pas qu'il soit juste particulièrement sombre : le fait est que le bougre absorbe et retient les rayons lumineux eux-mêmes, et du coup, voilà, ils ne pourront jamais arriver jusqu'à nos yeux. Pour essayer de voir la bête il faut alors quelques acrobaties, en sachant que l'énorme déformation de l'espace-temps que le Trou Noir produit, peut laisser entrevoir ses effets sur le paysage environnant. La preuve, avec cette superbe vidéo d'Alain Riazuelo...(qui montre également le drôle d'effet produit par l'abérration de la lumière).